Lors de notre rencontre avec Gérard Di-Maccio, nous avons eu l’occasion de partager à propos de Picasso et surtout de son oeuvre. Pour ma part et au risque d’en choquer plus d’un, je n’ai trouvé qu’une seule qualité à Picasso, celle d’avoir créer un mouvement, une originalité, certes, mais cela mérite t-il un succès mondial avec les records que nous connaissons. Non évidemment.

Mais il faut bien continuer d’alimenter le marché Premium de l’Art et quelle meilleure publicité qu’une liste de records battus outrageusement lors des ventes annuelles des grandes maisons.

Pour en revenir à Picasso, techniquement et esthétiquement, c’est à mon sens très pauvre, voici pour s’en convaincre un extrait d’une lettre célèbre de Picasso à son ami Papini. C’est simplement édifiant ! Quelle regard sur soi et sur le monde qui l’entourait.

« Du moment que l’art n’est plus l’aliment qui nourrit les meilleurs, l’artiste peu exercer son talent en toutes les tentations de nouvelles formules, en tous les caprices de la fantaisie, en tous les expédiants du charlatanisme intellectuel. Dans l’art, le peuple ne cherche plus consolation et exaltation, mais les raffinés, les riches, les oisifs, les distillateurs de quintessence cherchent le nouveau, l’étrange, l’original, l’extravagant, le scandaleux. Et moi-même, depuis le cubisme et au-delà, j’ai contenté ces maîtres et ces critiques, avec toutes les bizarreries changeantes qui me sont passées en tête et moins ils comprenaient et plus ils m’admiraient. A force de m’amuser à tous ces jeux, à toutes ces fariboles, à tous ces casses-têtes, rébus et arabesques, je suis devenu célèbre et très rapidement. Et la célébrité signifie pour un peintre : ventes, gains, fortune, richesse. Et, aujourd’hui, comme vous le savez, je suis célèbre, je suis riche. Mais quand je suis seul et seul avec moi-même, je n’ai pas le courage de me considérer comme un artiste dans le sens grand et antique du mot. Ce furent de grands peintres que Giotto, le Titien, Rembrant et Goya. Je suis seulement un amuseur public qui a compris son temps et épuisé le mieux qu’il a pu l’imbécillité, la vanité, la cupidité de ses contemporains. C’est une amère confession que la mienne mais elle a le mérite d’être sincère »

Quelle lucidité ! Mais pour tout dire je suis peiné de savoir qu’à la fin de sa vie, il a dû finalement regretté amèrement de n’avoir qu’un petit talent artistique essentiellement visible dans ses premières oeuvres académiques. J’espère que de là ou il est, il peut apprécier les oeuvres des Di-Maccio, Beksinski, Gric, De Barros, Tiunine…. et tant d’autres qui eux ont su toucher leurs contemporains plutôt que de chercher à les comprendre pour en tirer un profit bien amère.

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